debut de
BIOGRAPHIE
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J'ai pris l'autobus, en traversant la Bulgarie et la Yougoslavie deux jours après nous sommes arrivés à la frontière autrichienne prés de Maribor. Avant le contrôle des passeports j'ai quitté le bus et en passant à cote de la voie ferrée j'ai traversé la frontière sans problème. Notre bus est arrivé une heure après et on a continué notre route comme si de ne rien n'était. A Vienne je suis d'abord allé chez Robert, Il m'avait dit que dans une semaine il serait de nouveau à Vienne.
D'abord je suis allé à Moglender gasse 4/1 dans le dix-septième, mais depuis longtemps il n'était plus là. J'ai trouvé une autre piste lui concernant à "Schuechat ", c'était la bonne adresse mais le propriétaire aussi était à sa recherche. Il avait quitté l'appartement avec toutes ses affaires sans rien payer. Mes tableaux il les avait laisser sur place à la merci du propriétaire. Pour libérer sa chambre et relouer il avait tout jeté dans une cave. Je suis venu au bon moment pour les sauver car il pensait les jeter tous à la poubelle. Merci mon Dieu ! La seule adresse où je pouvais encore me refugier c'était chez T.. Je l'avais beaucoup aidé quand il était dans le besoin je lui avais même prêté 15.000, -Schilling. Aujourd'hui il ne voulait plus rien savoir concernant cet argent. C'était un lâche, un ingrat ! Je suis allé quand même, parce que j'avais encore mes valises chez lui. Il avait fouillé toutes mes valises et prit ce qu'il voulait dedans. Fort heureusement il n'avait pas trouvé les bijoux de ma femme que j'avais très bien cachés. Les bijoux et encore tout ce que j'avais de valeur matérielle je les ai pris et je les ai vendus. J'ai pu avoir plus de dix milles schilling. Dans mes chaussures j'ai préparé des compartiments spéciaux pour cacher mon argent dedans.

     Un jour en me promenant sur Mariahilfer Strasse, j'ai vu un petit noir de dos, c'était lui, Robert, j'ai commencé à le suivre. Il était dans un état misérable, mouillé, sale, il traînait ses jambes difficilement, ses cheveux poisseux, il pouvait tomber à n'importe quel moment au milieu de la rue. Malgré son état pitoyable j'avais encore envie de le prendre par ses cheveux et le frapper contre un mur ! Sa méchanceté méritait la pire punition. Quand je suis venu tout près de lui je l'ai appelé discrètement : " Hé Robert ! " Il se retourna. Oh mon Dieu ! C'était horrible ! Il était méconnaissable ! La partie gauche de son visage était littéralement écrasée avec plein de cicatrices et de blessures, ses yeux fermés et plein de sang ! Ses lèvres épaisses éclatées, il était transformé en un vrai monstre ! Il a essayé de me faire un petit sourire mais je m'étais déjà éloigné. Il a du certainement comprendre qu'avec les trafiquants de drogues il ne pouvait pas faire ce qu'il avait fait avec moi.