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BIOGRAPHIE
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     Je remercie cette inconnue du fond du cœur, pour m'avoir rendu mes cahiers !
A l'arrêt du tramway, six à sept mètres plus loin de moi sur ma gauche, S. était là, debout, très élégante, comme n'importe quelle viennoise qui quitte son travail, comme si elle n'avait rien à voir avec tout cela, attendant en toute sérénité l'arrivée de son tramway pour rentrer chez elle. Je la regardais avec une haine qui débordait de mon cœur ! Son père etait encore là devant moi. Comme un chien enragé il gueulait, il criait, il parlait, il sautait...
J. F. et S. F. je vous n'oublierai jamais !
    Je suis resté un mois en prison. Cette fois ci je n'étais plus dans une cellule isolé mes dans une grand chambre avec plusieurs détenus. En quelques jours je me suis adapté avec philosophie à mon nouvel environnement et à mes nouveaux amis. J'ai fait beaucoup de connaissance avec les gens venus de tous les milieux et de toutes nationalités. Notamment, Jimmy El Jaffari, Necdet A., et Robert O.
   Jimmy, personne ne savait d'où il venait. Il n'avait aucun papiers En tout il est resté neuf mois dans cette prison. Trois fois, trois mois. Les policiers ne savaient pas où l'envoyer. Au bout de trois mois il le relâchait, quelque jour après ils le ramenaient ici de nouveau et ainsi de suite…Necdet A., un turc, il était militant active d'extrême gauche en Turquie avant de s'enfuir à l'étranger. Il était content de rentrer chez lui à Istanbul. Il voulait créer une famille et une nouvelle vie en Turquie.
<(Robert O).                                                                                                                          
Robert O., était un jeun étudiant d'Afrique noire qui faisait ses études à Vienne de puis trois ans. Il habitait dans le 17.eme arrondissement. Pour une affaire très banale il l'avait enfermé ici depuis deux semaines. (Pour un ticket de métro à douze Schillings). Avec eux je m'entendais très bien. Il y avait aussi des trafiquants de drogue et d'autres affaires très graves que j'ai connu plus tard. Mes soucis principaux était le sort de mes tableaux Une partie étaient chez un ami turc, un clandestin, qui lui-même habitait chez quelqu'un d'autre, une autre partie dans ma voiture, et ma voiture je ne savais pas où elle se trouvait. Robert me proposa de rassembler mes tableaux et mes affaires pour les ramener chez lui, ils les garderaient aussi longtemps qu'il faudrait

(JimmyEl Jaffari)>